Ce nouveau concept hante le gouvernement. F.Hollande l' a développé dans son intervention télévisée début septembre. Depuis les ministres l'ont intégré dans leurs interviews : faut être patriotes. Patriotisme industriel déclare Arnaud Montebourg en cédant aux pressions patronales qui démantèlent les entreprises. Patriotisme national  s'exclame Jean Marc Ayrault en demandant des efforts budgétaires aux classes populaires qui ne sont en rien responsables des dettes accumulées et organisées par les banquiers et les précédents dirigeants du pays. Est-ce du patriotisme que de laisser filer le fric vers les paradis fiscaux ou d'alimenter les banques privées pour qu'elles poursuivent leur politique de spéculation financière ? Est-ce du patriotisme que de laisser faire les délocalisations, les suppressions d'emploi, les fermetures d'entreprises ?

Avec l'annonce du budget, le gouvernement va plus loin. Il prolonge l'austérité sarkozienne : de 15 milliards d'économie proposés par l'UMP, les socialistes doublent la mise. 30 milliards dont la plus grande part sera prise sur les classes populaires alors que les riches actionnaires des grandes sociétés seront à peine égratignés. Les grosses niches fiscales seront maintenues, les impôts frapperont les petits porte-monnaie, les restrictions toucheront la plupart des services publics. Honteusement, une campagne insidieuse se développe sur le thème de la justice et de l'effort partagé. Nos gouvernants n'osent même pas assumer leur politique. Ils trompent les gens en faisant croire que seuls les plus fortunés seront touchés. La mesure la plus spectaculaire, la tranche d'impôt à 75% au dessus du million d'euros ne frappera que 1500 familles et rapportera des broutilles (moins d'un milliard). Est-ce là « la partie de bras de fer » engagée contre la finance ? Le patronat et la droite doivent se bidonner et les salariés peuvent s'inquiéter.

Le simple gel des tranches imposables décidé par Sarkozy et maintenu par F. Hollande frappera des millions de contribuables dont la grande majorité de salariés. Les restrictions budgétaires dans les différents ministères auront des conséquences directes dans la vie des gens : moins de transport collectif, de services publics, d'activités sociales. Si ce n'est pas de l'austérité, ça y ressemble fortement. Ce n'est pas le redressement, c'est l'enfoncement.

Refusons ce budget de régression sociale, rassemblons les forces qui rejettent l'austérité, élargissons le front de gauche pour assurer une nouvelle majorité de gauche autour d'un programme de développement économique et social qui s'attaque réellement à la finance. Ce mouvement est en marche, il représente l'avenir.