La première Convention nationale des Insoumis vient de brusquer le débat politique. En peaufinant leur programme, en adoptant les 15 premières mesures emblématiques de leur campagne, en choisissant les 20 premiers candidats (à parité) pour les législatives, les Insoumis ont jeté un pavé, non,  un roc dans le paysage policé que nous décrit l'ensemble des médias à la solde des milliardaires qui les possèdent. Coup d'accélérateur pour que chaque parti et organisation prenne ses responsabilités.

La droite, avec ses 7 candidats médiocres, déconnectés de la vie réelle des français, arc-boutés sur des pensées du 19e siècle du style "devenez patrons", enrichissez-vous", concurrencez-vous, marchez-vous les uns sur les autres et la vie sera belle.Quand l'un propose de porter la retraite à 65 ans, un autre propose d'aller à 70. Ils proposent tous de supprimer l'impôt sur la fortune mais pas la tva qui frappe davantage les pauvres que les riches. Pareil pour les cotisations sociales qu'ils souhaitent supprimer ayant pour conséquence la fin de notre système de santé. On pourrait épiloguer longuement sur les coups  qu'ils nous préparent. Leur ligne d'horizon c'est le retour à Napoléon III.

J'ai oublié de vous parler du quatrième larron qui veut les doubler sur leur droite, Macron. Pompant sa démarche ( en dehors des partis, utilisation du net) sur celle de Mélenchon, ses propositions s'articulent sur" la loi travail" qu'il a concocté. Ses inepties rejoignent celles de ses comparses vu que sa vision ne dépasse pas l'horizon des banquiers  dont la seule préoccupation est de gagner toujours plus d'argent prélevé sur les moins fortunés. Son mouvement "en marche" peine à aller de l'avant ne sachant plus très bien s'il doit soutenir Hollande ou bien s'embarquer dans l'attelage Juppé. 

Le Parti socialiste? Divisé comme jamais par la politique réactionnaire du gouvernement . Hollande réussit le big-bang qu'autrefois Rocard appelait de ses voeux. Tout cela dénote la dérive, l'abandon des principes, la forfaiture à l'égard des électeurs. Les militants socialistes subissent une véritable humiliation. Les "frondeurs" sont silencieux en attente de la primaire?Qu'en sortira-t-il? Un affrontement fratricide sans contenu politique, un alignement sur le vainqueur , un effacement des clivages. Ce n'est pas ainsi que les forces populaires progressistes s'y retrouveront.

Le parti communiste semble tourner sur lui-même tant et si bien que certains militants pressent leur direction à se prononcer sur deux alternatives. Soit le choix d'un candidat issu du parti lui même, soit le soutien à Mélenchon. Décision le 5 novembre à leur Conférence nationale. La direction du pcf est dans la panade, tiraillée entre le désir de représenter un trait d'union entre les anti libéraux et le parti socialiste d'une part et le rassemblement derrière Mélenchon de l'autre. L'équation ne tient pas, il faut choisir. Le parti socialiste s'engonce dans les dogmes libéraux et le mouvement des insoumis crée une dynamique capable de ressourcer le mouvement anti libéral. Les lignes bougent: le conflit gauche/droite perd de l'intensité pour être remplacé par le combat peuple/oligarchie. Le pcf doit se repositionner sinon des franges de ses adhérents et de son électorat s'apprêtent à le quitter. fera-t-il le choix du regroupement anti libéral?

Le mouvement des insoumis, fort de son enracinement, de sa diversité, des qualités de son candidat marque des points . Le chemin est encore long mais le jour commence à poindre. Les sondages, à prendre avec circonspection, indiquent des frémissements positifs. Les décisions de la Convention insoumise devraient contribuer à l'agitation des idées et à l'élargissement des groupes d'appui à la candidature de Mélenchon.