Jamais depuis 1958, je n'ai vu une campagne politique présidentielle aussi palpitante, aussi incertaine, aussi animée. Les jeux étaient courus d'avance. De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande étaient donnés gagnants avant l'ouverture des urnes. Les uns élus par défaut, d'autres portés par des vagues submergentes. Le système présidentiel jouait à plein. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Ce système est en crise, à bout de souffle, fini. Tout a été essayé pour maintenir les français dans un système monarchique: pouvoir personnel, pouvoir droite/centre, pouvoir socialiste, pouvoir socialo-centriste, deux cohabitations droite/socialiste/centre. Échec total. Les aspirations démocratiques, la demande de libertés toujours plus grandes, l'exigence d'égalité et de fraternité ont eu raison de ce carcan élaboré par les puissances d'argent pour maintenir leur domination sans partage.

La revendication d'une 6e république dépasse largement les tenants de la gauche anti-libérale. Des pans entiers de la population pressentent ce besoin de mettre à plat de nouvelles règles de vie commune. Dans une époque ultra-mondialisée, marquée par les échanges en tout genre, par des coopérations, par un besoin de rapports pacifiques, la réalité est toute autre: danger de guerre, concurrence effrénée, inégalités croissantes. Notre pays vit ces contradictions dans une grande inquiétude. L'avenir des jeunes pose questions. L'école, la santé, les transports, le logement, la nourriture, les services publics ne sont plus à la hauteur des enjeux de notre civilisation.

Les politiques d'austérité menée depuis des années asphyxient  le développement économique et social. Chacun perçoit de plus en plus le lien entre les institutions et la vie quotidienne. Les décisions politiques nationales ont des incidences immédiates sur la vie réelle des gens, des communes et des départements. La concentration des pouvoirs dans les mains de quelques-uns entre en contradiction avec l'envie de participer du plus grand nombre.

La domination de la vie politique par deux partis ( les républicains et le parti socialiste) étouffe le désir de pluralisme qui gagne la société. La réforme électorale permettant l'existence et la participation de tous les courants de pensée à l'exercice du pouvoir partagé grandit. L'émergence de nouveaux droits ( IVG, Égalité des genres, la mort dans la dignité, le handicap, l'écologie) implique leur inscription dans la Constitution. Bref, une nouvelle écriture de notre façon de vivre ensemble mûrit dans le pays. C'est la tâche qui nous attend.

Demain, dans l'isoloir, ce sont ces questions qui vont tarauder les citoyens. Et la sécurité qui ne peut trouver solution que dans la paix dans le monde. Chacun pèsera sa responsabilité. Changer ou pas telle sera la question. Pour moi le choix est sans appel: entre les 4 donnés dans un mouchoir, 3 s'engagent à continuer la politique d'austérité, la politique d'intégration europénne, l'utilisation du 49/3 au parlement, bref la continuité en l'aggravant. Je voterai avec enthousiasme pour le changement et la paix en utilisant le bulletin Mélenchon. Sans trembler. Avec la certitude d'oeuvrer pour le bien de tous.