La déception passée, les ressentiments enterrés, les bisbilles rangées aux placards, seule l'analyse concrète demeure et nous guide dans nos choix.

Macron face à Lepen, c'est la physionomie du deuxième tour. J'avais senti la montée du représentant des financiers déguisé en "jeune homme nouveau" mais j'ai sous-estimé le score de la seconde probablement aidée par la peur créée médiatiquement autour des "attentats". Les analyses confirmeront ou pas. Le fait est là: la lutte pour le pouvoir se jouera entre eux, sans possibilité de changer la politique sociale et économique si désastreuse.

Les représentants des partis socialistes et de la droite dure ont payé le prix de leur agressivité anti-sociale et des politiques austéritaires qu'ils nous ont imposé en dix ans. Le parti socialiste est dégagé par son électorat pour cause de trahison.

Mélenchon fait une entrée en force dans le club des forces qui comptent en cassant le bi-partisme central dans la cinquième république. En 2012, son résultat surprenait mais ne menaçait pas le dispositif politique. Aujourd'hui, les 20% d'électeurs de la France Insoumise deviennent inquiétants pour les tenants du libéralisme. Tout observateur sérieux notera les progrès spectaculaires de ce vote de clarté dans le programme, les objectifs et la stratégie politique. Ce score avoisine les meilleurs résultats des progressistes dans les années passées. De belles batailles en perspectives. La France Insoumise devient le pivot autour duquel se rassembleront les forces de progrès dans le futur proche.

Nous sommes au moment du choix du président de notre république. C'est l'acte majeur dans cette constitution que nous condamnons, que nous voulons changer mais qui pour le moment nous contraint à vivre avec. Nous avons conscience du piège tendu: soit la représentante de ce que nous haïssons par dessus tout (racisme, xenophobie, repli sur soi, fascisation), soit le représentant des banques, des gros industriels et des financiers.

Je partage la position de Mélenchon de demander aux insoumis de prendre position. C'était un engagement fondamental exigé par ceux qui ont mené cette campagne. C'est une première dans la visée démocratique citoyenne. A chacun de se prononcer, sans animosité, dans le respect des convictions des uns et des autres. Ne nous divisons pas! Nous recherchons l'efficacité d'un acte politique compliqué.

Je pense que nous ne devons pas regarder le train passer. La pire des choses pour le mouvement que nous construisons serait d'être absent de la bataille. Nos électeurs nous le reprocheraient et nous serions en difficultés pour gagner de nouvelles forces. Nous devons trouver la force de nous opposer à Lepen sans donner le sentiment d'un moindre accord avec Macron. Difficile exercice d'équilibriste mais nous possédons la force de le réaliser. Examinons sans fioritures comment avancer avec le plus de soutiens possibles. Je pense l'avenir insoumis. On s'en rapprochera le plus vite en éliminant la force la plus rétrograde représentée par Lepen. On ne peut faire un développement contre Lepen et refuser de voter contre. Ma logique me conduit à utiliser le bulletin de vote qui lui est opposé. Sans trembler, en conscience.

Je vous donne rendez-vous le 1er mai en manifestation et vous invite à voter pour les candidats "france insoumise" aux élections législatives de juin.