Il y a 17 mois, Macron réalise son hold-up électoral. Minoritaire dans les urnes ( 24% des votants), il devient le Jupiter de la 5e république. Les médias nous le présentait comme le petit nouveau qui allait révolutionner la classe politique en pratiquant les réformes espérées par les français. On allait voir ce qu'on allait voir!

Premier signal, les ordonnances pour éliminer tout débat et saccager les droits des travailleurs ( inversion des normes: l'accord d'entreprise prévaut sur la loi, le référendum patronal pour scuiser les syndicats, l'encadrement des conseils de prud'hommes, le remplacement des délégués du personnel, des comités d'établissement, des comités d'hygiène et de sécurité par une instance qui les regroupe mais dont les attributions sont minorées et réduites à néant)

Deuxième signal: suppression de l'impôt sur  les grandes fortunes, budget en régression, accroissement de la CSG pour les retraités. Aucune mesure contre les fraudeurs fiscaux, baisse des cotisations sociales salariales et patronales ( salaire indirect). Le surnom de Président des riches prend toute sa dimension et plus rien ne le démentira. Au contraire. De la baisse des aides au logement à l'augmentation des taxes et des prix, l'immense majorité des français subit une politique injuste, inhumaine. Quand on n'est pas premier de cordée, on n'est rien (dixit Macron) voire on est feignant, réfractaire.

Troisième signal: la démolition des services publics ( sncf, aéroports, air france, santé, école) Au nom de l'égalité de traitement, une vaste opération de destruction est en cours pour changer le modèle de société. En juin, Jupiter est au faîte de sa gloire. Il semble invincible. Mais arrive juillet et le premier ébranlement de la macronie: l'affaire Benalla. Une histoire de barbouze met le Prince en difficulté. Les institutions violentées par le président prennent le devant de la scène. Les français renâclent. Les "marcheurs" peinent à la tâche.

Patatras, août approfondit la crise qui s'empare du pouvoir. Hulot, ministre d'état, renonce en expliquant son départ. Manque de moyens, manque d'ambition écologique, refus d'entreprendre la transition, le réquisitoire sans nuance enfonce le pouvoir macronien. Retour des vacances et départ précipité d'un autre ministre d'état, Collomb. Le lyonnais refuse le rôle de punching-ball et veut éviter la gifle populaire qui lui est promise aux municipales s'il reste au pouvoir. Macron cherche un ministre de l'intérieur pour le remplacer. Devant la difficulté, il nomme le premier ministre ministre de l'intérieur.

Étrange nouveauté suivie d'un gag: le remaniement attendu tarde à se réaliser. Ça flotte à l'Élysée. Signe de désaccords au plus haut sommet de l'état. La crise politique grandit, s'élargit avec les refus des personnalités sollicitées. Pour l'heure, l'imbroglio se prolonge. La 5e république vacille, le besoin urgent de changements politiques se pose. La politique nationale doit être profondément modifiée. Dans ses fondements, dans ses objectifs sociaux, dans son économie, dans sa moralité, la République est à repenser. Reconnaissons à la France Insoumise et à Mélenchon d'avoir le premier décrit les symptômes de la maladie et apporté des solutions à discuter pour une 6e république sociale. La parole doit revenir au peuple souverain. Exigeons-le.