En force, le pouvoir vient d'obliger sa majorité à voter un nouveau projet de loi "anti-casseurs" qui permet d'interdire de manifestation des citoyens à l'initiative des préfets. Nouvelle mesure autoritaire qui renforce le rôle anti-démocratique des préfets. Même les amendements déposés par certains députés "en marche" ont été refusés par le gouvernement. Prenant appui du projet de loi adopté par la majorité du sénat ( Les républicains et les centristes) le gouvernement a intégré des amendements portés par "les républicains" de manière à rassembler toute la droite sur une loi liberticide. Bien joué de la part du pouvoir. Castaner peut disserter sur l'union de circonstance réalisée. Ensemble ils ont refusé l'interdiction des armes dangereuses ( Lbd, grenades de désencerclement, flash-ball ). L'arsenal répressif, le dispositif anti manifestation se renforce et la dérive autoritariste du pouvoir s'accélère.

La précipitation et la violence des propos tenus par les ministres et le porte parole du gouvernement traduisent la montée de l'inquiétude et la fébrilité au sein de l'exécutif. Le mouvement grandissant des gilets jaunes et le mécontentement des autres catégories sociales créent le déséquilibre et l'instabilité du pouvoir. Des lignes de fracture apparaissent entre "Edouard" et "Manu". Le grand débat national produit des effets inverses que ceux recherchés. Partout, dans les débats institutionnels, dans les débats informels, dans les débats citoyens organisés par les gilets jaunes, dans les discussions familiales les questions du pouvoir d'achat, de la fiscalité plus juste, des mesures démocratiques prennent le pas sur les objectifs macroniens. Je  comprends l'affolement de nos dirigeants car comme ils ne règleront pas ces questions essentielles, ils vont décevoir et renforcer la colère de gens qui croient encore que le débat amènera des solutions positives.

Que devons-nous faire dans cette période historique? Poursuivre ce que nous faisons depuis trois mois, manifester, accroître la pression de la rue mais surtout élargir le nombre de citoyens qui deviennent des acteurs. C'est notre principal problème. La coordination des actions se réalise peu à peu. L'appel de Commercy le démontre ainsi  que les deux dernières manifestations. Sans chapeauter qui que ce soit, en laissant les ronds-points et les assemblées citoyennes décider de leurs initiatives et de leurs cahiers revendicatifs, le mouvement s'auto-organise et c'est très bien ainsi.

Je pense qu'il faut affirmer encore plus fortement notre volonté de rassembler tous les citoyens qui se reconnaissent dans nos quatre points: pouvoir d'achat, fiscalité, écologie, démocratie. N'essayons pas de figer  encore moins de cliver à l'intérieur de nos assemblées. Notre force demeure dans l'ouverture d'esprit pour inclure et non pas exclure des gens qui ne partagent pas toutes nos propositions. C'est difficile mais l'exercice devient très formateur dans l'apprentissage de la démocratie. Sachons nous écouter et échanger nos arguments sans vouloir à tout prix imposer un point de vue. Notre but étant d'isoler Macron et ses  idées, de le contraindre à céder sur des revendications qui améliorerait la vie des gens. Après trois mois nous n'y sommes pas encore parvenus. Réfléchissons -y !

Je terminerai ce billet en affirmant que pour moi la dissolution de l'assemblée nationale est la seule issue vraiment démocratique et  pacifique pour sortir du chaos entretenu par le pouvoir. Macron s'y refuse. Il dévie le débat, il évite, il serpente, il glisse, il esquive la question. Mais tiendra-t-il encore longtemps?