Contrairement aux dires du ministre de la castagne, les manifestations drainent bien plus que les 59 600 annoncés. Vous calculez 2 manifestants par commune ( il en existe 36 000 ) et vous obtenez déjà plus que le chiffre "Castaner". Sérieusement, les manifs de samedi ont été massives et marquent l'ancrage du mouvement. Celui-ci va durer n'en déplaise aux macronistes qui s'évertuent à en diminuer la portée. Pour une raison simple: la politique de Macron est majoritairement rejetée par la population. Le pouvoir a beau jeu d'utiliser la violence, la répression, les mutilations, les arrestations mais point n'y fait. Ce n'est pas ainsi que l'on solutionne les problèmes de pouvoir d'achat, de fiscalité, d'écologie et de démocratie. Au contraire, les gens s'aperçoivent de la duplicité gouvernementale, de la rouerie des dirigeants du pays. Macron démission entend-on dans les manifs. Beaucoup de français commencent à le penser. L'idée de la dissolution de l'assemblée nationale trotte dans quelques têtes. Ceci ouvrirait un vrai débat national qui trouverait sa conclusion par l'élection d'une nouvelle assemblée débarrassée de la majorité absolue des "marcheurs" qui obéissent au doigt et à  l'oeil du président des riches sans sourciller.

Nous apprenons que le président envisage un référendum couplé à l'élection européenne. Voyons que les dissensions apparaissent au sein de "la république en marche". Même les ministres ne sont pas sur la même longueur d'ondes. Plus grave, ce référendum n'est pas une pâle copie du RIC. C'en est l'exact contre pied. Seul le Président déciderait de la question posée. A croire le journal du dimanche, ce serait une question comprenant plusieurs questions qui serait envisagée. Autrement dit, une espèce de bouillabaisse qui noierait les problèmes et personne ne serait en capacité de voir ce dont il s'agit. Ce vote se faisant le même jour que l'élection européenne, tout est fait pour empêcher un choix clair, réfléchi qui fait table rase du système actuel. Macron, bousculé dans son quinquennat, cherche le moyen d'éviter de retourner devant les électeurs. Son esprit retors va nous surprendre encore. Quand la bête est blessée, elle retrouve encore de l'énergie pour se cramponner au pouvoir.

Dans la préparation de l'acte 13, le mouvement doit se positionner sur ses fondamentaux et ne pas se dévoyer. En accentuant la répression, le pouvoir cherche à détourner les gilets jaunes de ce qui fait leur force et les unit: les 4 revendications sociales, fiscales, environnementales et démocratiques. Seule base de rassemblement qui peut convaincre celles et ceux qui nous regardent défiler sans toutefois nous rejoindre dans l'action. Pourtant, nous sommes à la croisée des chemins: soit nous stagnons soit nous faisons un bond en avant dans la participation concrète des citoyens. L'enjeu est de taille car Macron le sait pertinemment, c'est du nombre que dépend sa survie ou sa défaite politique. Avec le "grand débat", il s'efforce d'élargir sa base de confiance. Pour l'instant, il échoue mais en jouant le pourrissement,  il espère retourner la situation à son avantage. Combat politique et idéologique de grande ampleur quelquefois sous-estimé.

L'acte 13 doit nous insuffler plus de forces. Avec la journée d'action de mardi, les rapprochements entre gilets jaunes et syndicalistes peuvent se réaliser. Y contribuer, ce n'est pas affaiblir le mouvement,  c'est lui donner plus de vigueur. Faut se faire une raison, les syndicalistes ne rejoindront pas les  gilets jaunes et inversement. Par contre, l'action convergente est possible, souhaitable et indispensable pour battre Macron et sa politique anti sociale. Gilets jaunes mélangés à d'autres gilets colorés, c'est un espoir qu'il me semble nécessaire de créer et de réaliser.

Les assemblées citoyennes vont se tenir. Que ce débat s'engage et que des décisions soient prises pour y parvenir, c'est un souhait que je partage avec d'autres amis.