Acte 25 terminé, presque tous les médias assurent que les gilets jaunes s'essoufflent, que le mouvement s'amenuise et que la fin des manifestations ne va pas tarder. Que d'idioties! Penser que leur souhait trouvera satisfaction dans les semaines à venir c'est comme s'accrocher à l'idée que la lune va rejoindre la terre dès demain. Les éditorialistes, les enseignants sur les plateaux télévisés, les soi-disant politologues, quelques journalistes se prêtent au jeu du c'est fini je vous l'assure les gilets jaunes rentrent chez eux pour ne plus en sortir. Pauvres types, aucune analyse, aucune réflexion, juste la répétition en boucle d'une ânerie médiatisée outrancièrement.

Plus sérieusement, le mouvement est en progrès. La journée du 1er Mai a connu une affluence malgré le bombardement médiatique et gouvernemental sur la présence de milliers de blacks-bloc qui devaient détruire Paris, un ministre de l'intérieur volubile sur la violence pour faire peur et empêcher les gens de participer à ce qui devait être l'apocalypse. Pour la première fois depuis le début du mouvement des gilets jaunes, la manifestation a réuni gilets jaunes et mouvement syndical au grand dam du pouvoir. Dans 200 villes, des cortèges plus nombreux, rajeunis et féminisés ont soutenu les revendications sociales, écologistes, fiscales et démocratiques. La convergence des luttes est en cours de réalisation, fragile certes mais réelle. C'est ce qui inquiète les tenants du libéralisme qui entrevoient une opposition résolue à  leur système.

Macron ne tient que par la division des forces populaires et par les violences policières organisées par le pouvoir. L'affaire de l'hôpital Pitié-Salpêtrière démontre la responsabilité de Castaner dans le développement de la violence, dans les ordres donnés aux forces de police, dans le mensonge d'État qui couvre des activités nauséabondes. Ses méthodes, ses déclarations, ses actes salissent la république, font honte à notre pays et déshonorent ceux qui ont en charge la sécurité des citoyens. Il faut que Macron en tire les conséquences en le démissionnant.

Alors quelles suites? Chacun est amené à y réfléchir. Les fonctionnaires sont appelés à réagir prochainement. D'autres secteurs se préparent à leur tour. L'acte 26 est décidé.  Ce qui serait efficace c'est que plutôt que de manifester séparément, nous nous retrouvions tous ensemble un samedi ou un dimanche. Cette idée mûrit. Quand une majorité de français soutient les revendications portées par les gilets jaunes pendant 25 semaines ce qui est inédit  dans notre histoire, il devient nécessaire d'élargir le nombre de participants actifs pour isoler le pouvoir et créer les conditions de sa défaite.