Thérèse Clerc, animatrice du MLF dès les années 68, a imposé son magnifique projet d'accompagnement des retraitées. Hostile aux maisons de retraites qui enferment les retraités entre eux, elle a développé le concept d'intégration des retraités dans la ville en exigeant la construction de 19 studios en centre ville avec kitchenette et salle d'eau, bien insonorisé. L'immeuble sera dotés de lieux collectifs (cafétéria, salle polyvalente, bibliothèque, atelier, laverie, spa de moyenne importance ainsi qu'un petit jardin). Un projet humain et  social sans précédent dans le pays. "Une expérience autogestionnaire solidaire" affirme-t-elle. Sans doute.

Pour convaincre la municipalité de l'époque et celle d'aujourd'hui, "l'ouverture sur la ville" et la "fin du ghetto" furent des arguments de poids. Quelle modernité! Les penseurs des maisons de retraite devraient en prendre de la graine! Mais direz-vous combien ça coûte? Réponse de la mairie de Montreuil: nous cédons le terrain, l'office HLM construit et demeure proprio, environ 2 millions d'euros, ce qui porte le loyer à 200 euros mensuels. Formidable, ça coûterait moins cher que les maisons de retraite actuelles. Progrès social et économies de coûts vont de pair. Un gouvernement de gauche devrait s'employer à démultiplier de telles initiatives dans les communes plutôt que de laisser le marché et les spéculateurs s'emparer de cette manne liée à l'évolution de la durée de vie.

Points sombres: le sexisme et l'attribution. Réserver aux seules femmes la possibilité d'avoir une fin de vie épanouie pourquoi pas mais pas sur les deniers publics et la cooptation pour y résider est en contradiction avec l'affirmation de solidarité prônée par ces militantes. La réflexion sur l'utilisation de l'argent public devrait accélérer la réflexion pour supprimer ces deux mesures discriminantes.

Quoi qu'il en soit, cette innovation doit contribuer à la réflexion du front de gauche. Des propositions concrètes devraient être formulées au parlement pour financer de telles constructions et répondre ainsi aux besoins grandissants de la vieillesse. Cela exige d'augmenter les crédits alloués au logement social. Le gouvernement de JM Ayrault y répondra-t-il positivement? Il ne semble pas en prendre le chemin en refusant de passer outre les 30 milliards de restrictions budgétaires que s'est fixé le président Hollande.