Suis sidéré. Presqu'une semaine que j'attends une réaction positive de mon journal "L'humanité". Abonné de l'huma-dimanche, abonné de la quotidienne, je ne piges plus. L'huma, qui m'avait habitué à discerner le combat contre les médias sans mettre tous les journalistes dans le même sac, se mure dans un silence éloquent.

Pensent-ils à la rédaction que plus les médias sont aux mains des milliardaires, plus la démocratie se renforce? Sont-ils en phase avec les journaleux qui crachent leur venin, leurs invectives sur la force déterminante dans la lutte contre la politique macronienne? Leur cécité les empêche-t-elle de voir le coup monté par le pouvoir discrédité pour faire diversion? Même pas le courage de condamner les méthodes de Plenel dans cette affaire politique?

L'anti-Mélenchon serait-il l'alpha et l'omega de la ligne éditoriale? Bien des questions taraudent la conscience de nombreux lecteurs. Le journal de Jaures visant la vérité c'est bon pour la pub mais la réalité est bien plus obscure. Quant aux dirigeants, leur silence assourdissant me laisse pantois. Le parti communiste m'avait habitué à combattre l'adversaire. Comme disait August Bebel, quand on te frappe c'est que tu es dangereux pour la bourgeoisie.

Au nom de ces principes, je m'attendais à des prises de position claires, nettes pour dénoncer l'agression politique de la France Insoumise. Au contraire, ils se livrent à une justification (sous forme interrogative) de l'intervention judiciaire, policière. Étonnant, les dirigeants communistes pensent-ils que cette affaire n'est pas politique? Ils seront bien les seuls à l'ignorer. Peut-être qu'ils imaginent un scénario favorable pour eux: déclin de Mélenchon et report des électeurs sur leur parti. Petit calcul erroné. Si par malheur pour les gens la France insoumise venait à disparaître, tout le mouvement anti-Macron y perdrait. Faudrait du temps pour reconstruire un nouveau mouvement de contestation apte à diriger le pays.

L'intérêt de la nation, l'intérêt des français, c'est de se débarrasser au plus vite de la macronie. C'est possible dans neuf mois si on donne la raclée à la liste qui représentera le président Macron. D'ici là, les pièges ne manqueront pas, les chausse-trappes se multiplieront. D'où ma question: quel côté de la barricade camarade?